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Bonjour LI Yang, merci d’avoir participé et animé la « Journée Formation-Emploi des étudiants de Benke de français». Pourriez-vous présenter brièvement votre parcours d’études en Chine ?

C’est assez simple. J’ai étudié deux spécialités à l’Université du Shandong, le français et l’anglais, pendant cinq ans. A terme, j’ai obtenu une double Licence.

Pourriez-vous présenter votre parcours d’études en France ? Quel cursus y avez-vous suivi ?

J’ai fait un Master de Finance à Sciences Po Paris en France avec de la comptabilité, du management financier, de la stratégie et du conseil au programme. A Sciences Po, les cours magistraux occupent une place assez importante, tels que l’espace mondial, l’espace mondial, la macro-économie, les enjeux politiques, etc.

Il existe un grand écart entre votre spécialité en Chine qui est langue étrangère et votre spécialité finance en France. Pourriez-vous nous expliquer pourquoi vous avez changé de spécialité et choisi la finance ?

Ce choix est probablement lié à mon expérience d’échange à l’université. J’ai fait mes études en France en troisième année grâce à un programme d’échange, après lequel j’ai décidé d’utiliser la langue française comme un outil de travail dans le futur. J’en avais besoin pour aller en France continuer mes études dans le système d’éducation supérieur français. D’ailleurs, la finance est un choix très pragmatique puisqu’ il est facile d’y trouver un emploi après.

Sciences Po étant une école très réputée et la finance étant une spécialité très recherchée, vous avez dû vous voir proposer de nombreuses offres d’emplois. Quelles opportunités professionnelles votre expérience en France vous a-t-elle permis de saisir ?

Sciences Po et d’autres Grandes Ecoles sont un ticket garantissant le succès et une bonne carte de visite. En général, quand tu dis de quelle école tu es diplômé, on te labélise systématiquement. Et tu as plus d’opportunités de travail que les autres. Certaines entreprises cherchent spécifiquement des étudiants d’une certaine école parce que le directeur de cette entreprise est lui-même diplômé de cette école. Le réseau de l’école est très important. En plus, beaucoup de professeurs des Grandes Ecoles sont des professionnels. Ils sont à la fois directeurs d’entreprise et enseignants. On a donc une atmosphère professionnelle assez forte au sein même de l’école.

Il y a des chances que votre ancien professeur soit donc un jour votre patron ?

Effectivement, il y a des chances qu’il soit un ancien élève de mon école. D’ailleurs, l’école nous fournit énormément de soutiens. Il existe un « Centre professionnel » qui est dédié entièrement à préparer les étudiants à la recherche d’emploi comme comment rédiger un CV et une lettre de motivation, via des séminaires ou des entretiens individuels.  Le site est un autre outil. Des offres d’emploi sont en ligne et facilitent la recherche d’emploi des étudiants.

Après avoir été diplômée de Sciences Po, quel genre de stage ou travail avez-vous trouvé ? Comment cela s’est-il passé ?

Mon premier stage a été effectué chez Suez. Aujourd’hui, ils ont fusionné avec GDF pour former le groupe GDF-Suez. C’est une entreprise de l’industrie énergétique. J’étais l’assistante à la Direction Technologie & Innovation au siège du groupe. Je l’ai assisté dans la sélection des projets innovants parmi des filiales de l’entreprise dans le monde entier. Le travail de ce stage a mis l’accent sur la rédaction de synthèses et d’analyses. Chaque acteur de ces divers projets avait des tâches spécifiques et propres et donc pas mal d’autonomies. Par conséquent, j’ai beaucoup appris.

Vos débuts professionnels étaient déjà très impressionnants. Après Suez, vous avez travaillé chez KPMG et maintenant dans un cabinet d’architecture. Au premier abord, ces secteurs d’activités n’ont que peu de points communs. Comment avez-vous appréhendé le travail dans ces différentes industries ?

Oui, en apparence il y a un grand décalage entre ces secteurs. Mais pour moi, cela a été un processus naturel. Vu que ma spécialité est la finance, je suis entrée à KPMG. Après mon stage chez Suez, je souhaitais revenir à ma spécialité. Donc, les agences d’audit ont été un choix qui allait de soi. Mais après un certain temps, je me suis rendu compte que ce n’était pas la vie que je voulais mener. Le rythme de travail dans les agences d’audit est très dense. J’ai subi d’énormes pressions. Le travail ne doit pas être la partie majeure de mon existence. Cette vision et cette compréhension de vie sont très liées à mon expérience en France : quelle part donner au travail dans sa vie ?

Vous nous avez raconté votre expérience professionnelle. D’un point de vue personnel, que vous a apporté votre expérience en France ?

Elle a un impact sur mon mode de vie et ma façon de me comporter. Je trouve que les Français aiment la liberté. Ils jouissent de la vie. Ils sont spontanés.

Vous êtes membre de Club France. Quand y avez-vous adhéré ? Et pourquoi ?

Je suis revenue en Chine en 2008. C’est donc cette année-là que je me suis inscrite à Club France. Je ne me souviens plus si j’avais lu l’annonce sur le site de l’Ambassade ou de Science Po. Je pense que c’est une excellente idée : pour ceux qui sont revenus de France en Chine. Leur expérience en France est une partie indissociable de leur vie. Comment mettre en valeur notre expérience en Chine ? Comment rencontrer les personnes partageant la même expérience ? Club France est une très bonne plateforme. J’ai de la chance d’y avoir adhéré tout de suite après mon retour. Il m’a permis de connaître et d’échanger avec les gens ayant la même expérience que moi. J’ai participé à ses soirées. Club France est loin de n’être qu’une plateforme pour étendre son réseau. Il y règne une atmosphère francophile. Merci beaucoup à Campus France et Club France d’avoir organisé l’événement aujourd’hui (Journée Benke de français) qui d’après moi a répondu aux attentes des participants. Il n’y avait pas de tel événement à mon époque. Il est certain que ce genre d’événement les aide énormément dans l’élaboration de leurs projets professionnels et personnels. Cela leur fait gagner du temps et éclaircit leur vision des choses.